Bien choisir le moment pour séparer un keiki d’orchidée

Le rempotage, en apparence anodin, réclame pourtant une vigilance de tous les instants. Ici, chaque geste compte, chaque détail pèse dans la balance de la réussite.

Pourquoi rempoter un keiki ?

Pour les amateurs d’orchidées, il y a une joie discrète à voir apparaître un keiki. Multiplier ses plantes, les partager, préserver leur vitalité : le rempotage s’impose naturellement. C’est le moyen de multiplier les orchidées sans passer par la semence, une méthode fastidieuse et souvent réservée aux professionnels. La jeune pousse, appelée keiki, n’est rien d’autre qu’une orchidée miniature, issue directement de la plante mère. Pourtant, ces keikis ne surgissent pas systématiquement après chaque floraison. Il n’est pas rare d’attendre plusieurs années sans en voir un seul. Patience, donc : certaines orchidées en produisent deux d’affilée, puis restent silencieuses trois ans. L’absence de keiki n’a rien d’alarmant : cela ne remet pas en cause la santé de la plante, seulement son rythme.

Orchidée : comprendre le phénomène des keikis

Un keiki peut se former sur une tige, parfois même plusieurs sur une seule, mais jamais en nombre infini. La question revient souvent : à quel moment une orchidée décide-t-elle de produire un keiki ? Difficile d’apporter une réponse universelle. L’apparition du keiki dépend de multiples facteurs : état général de la plante, environnement, stress ou, simplement, caprice végétal. Ce n’est donc jamais une science exacte. On a vu des orchidées produire deux keikis coup sur coup, puis se tenir à l’écart de la reproduction pendant des années. Rien d’inquiétant là-dedans. Mais pour pouvoir séparer le keiki, certaines conditions doivent être réunies :

  • Le keiki doit compter au moins trois feuilles en pleine forme. Mieux vaut patienter que les feuilles atteignent une taille respectable.
  • Il doit posséder au moins trois racines, chacune mesurant plus de cinq centimètres.

Le matériel pour rempoter un keiki

Rempoter n’a rien d’insurmontable, encore faut-il s’équiper correctement pour éviter toute mauvaise surprise. Avant toute opération, vérifiez la présence d’un ou plusieurs keikis sur votre plante. Prévoyez ensuite un pot individuel par keiki : regrouper deux jeunes pousses dans un même contenant finit toujours par poser problème. Si nécessaire, anticipez le moment où il faudra séparer deux plantes trop proches. Pour détacher le keiki, un cutter soigneusement désinfecté, une flamme de briquet fait parfaitement l’affaire, suffit. Il vous faudra aussi un substrat adapté aux orchidées, un peu de cannelle en poudre pour favoriser la cicatrisation, et de l’eau pour humidifier le tout.

Comment procéder au rempotage

Commencez par sectionner la tige de part et d’autre du keiki. Les surfaces fraîchement coupées doivent ensuite être plongées dans un mélange d’eau et de cannelle en poudre, histoire de limiter les risques d’infection. Installez ensuite le keiki dans son nouveau pot, garni d’un substrat spécial orchidée. Certains glissent quelques billes d’argile au fond pour améliorer le drainage, une option qui a fait ses preuves. Un détail à ne pas négliger : humidifiez le substrat avant d’y déposer délicatement votre jeune pousse. Ce geste, simple en apparence, conditionne la bonne reprise du keiki dans son nouvel environnement.

Choisir le bon moment, préparer le terrain, agir avec précision : chaque étape compte. Un keiki bien séparé, c’est la promesse d’une nouvelle plante qui s’élance, indépendante et vigoureuse. Dans l’intimité feutrée de votre salon, une génération d’orchidées attend peut-être déjà son envol.

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